Un premier retour mon dernier roman, merci à vous !

Marie Desvignes : « Souviens-toi d’oublier » (Librinova)

Je viens de terminer le livre de Marie Desvignes « Souviens-toi d’oublier » et si le livre vaut vraiment la peine qu’on le lise et s’en souvienne, on peut dire que son titre est parfaitement choisi tant tous ses personnages apparaissent comme des survivants d’une Histoire dont on ne sait si la connaissance sera pour eux dépassement d’un traumatisme ou condamnation à la répétition. Une station balnéaire hors saison, un centre de rééducation où à la suite d’accidents se retrouvent une femme dont c’est le métier de mener des enquêtes, un romancier qui après des mois de coma ne sait plus très bien s’il sort d’un délire ou d’un voyage dans un univers parallèle et surtout « l’évanouie des falaises », une femme, Lélia, qui porte le même nom que l’héroïne de George Sand, trouvée au pied de la falaise un dahlia à la main. Passé, présent dans ce qu’ils peuvent avoir de plus sombre étroitement mêlés dans une enquête qui sans cesse questionne l’amour ? l’attachement ? la dépendance ? l’emprise et tout simplement la liberté de chacun. « – Que veux-tu finalement ? Le sais-tu ? dit-il à son oreille / – Laisse-moi ! hurla-t-elle… / tu as tout pouvoir sur moi. / – toi seule a tout pouvoir sur toi. / – il est trop tard. » C’est Célia, le personnage le plus lumineux du livre qui, en cours de route, tire la morale de l’histoire : « difficile d’échapper à ce qui est inscrit sur le grand rouleau de la vie ». Si j’osais tirer la mienne, je dirais, il n’est jamais trop tard, il faut oser.

Marie -Paule Farina

Oui, j’entretretiens le mystère et je multiplie les personnages et les situations, allons allons, lecteurs, ne pas craindre la difficulté 🙂 Voici les premiers mots, la première phrase du roman :

Ils avancent sans se retourner.

Court extrait :

Le temps des rivières comme celui des amours défie tout espace de réunion stable et immuable. Quand s’annonce la tempête, épuisante est la quête des désirs et impossible celle de se rejoindre sur la mer des émotions. Alors, une pluie providentielle en force le chemin, elle ouvre des lits dans le courant impétueux du fleuve de la vie, et le fil des heures coule à nouveau, fluide et paisible.

Comme la pluie peut mettre de quelques minutes à plusieurs milliers d’années pour rejoindre la rivière, le lien qui l’unissait à son aimé s’était défait mais se continuait par-delà le temps et l’espace. Il s’était transformé mais il restait mouvant comme le courant des rivières avant que les affluents ne s’évadent, ne se retrouvent dans l’océan et ne se séparent à nouveau, recréant ailleurs d’autres petites rivières, dans le mouvement incessant du rapt des nuages.

La sismographie de l’amour-passion est faite de traits amers, larges et continus. Des ondes sismiques traversant l’air viennent se fracasser dans les silences, les angoisses, les cris. Il faudrait ne jamais quitter le lit de la rivière.

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