Parution : Souviens-toi d’oublier, roman noir

Souviens-toi d’oublier est paru le 10 décembre

A toutes celles et ceux, curieux, lecteurs, blogueurs, amateurs de romans noirs et rouge passion, et à ceux qui me suivent depuis longtemps, n’hésitez pas à m’écrire pour en avoir un dédicacé.

En ligne sur toutes les plate-formes numériques, en librairie très prochainement

extrait :

Au début de leur rencontre, Mara avait appris de ses quatre premières années ce que Samuel lui réinventait, à chaque instant, par sa présence aimante, par son accent et les mots de leur langue qu’elle avait oubliée. Cette langue demeurait une énigme qu’elle ne parvenait pas à se réapproprier. Elle n’en retenait que la difficile prononciation et les nombreuses déclinaisons. Il lui racontait alors ses années passées auprès des « hommes des plaines », les Polonais. Il la ramenait à sa prime jeunesse, par le souvenir des jeux de l’enfance qu’il avait gardé. Il lui chantait des comptines, la berçait pour qu’elle s’endorme. Toute l’attention qu’il devait à sa fille, il la transférait sur Mara. Esther grandissait en s’inventant une autre vie. Samuel s’occupait de l’enfant mais ne voyait que Mara. Celle-ci ne le voyait plus. Esther cherchait leur regard et ne rencontrait que du vide. Comme dans la Trinité de Roublev, où l’Ange de droite, à la mine triste, présente sa coupe d’amour en baissant la tête, à un second Ange dont le regard est orienté vers la gauche, tandis qu’un troisième l’ignore à son tour ; aucun des trois ne communiquait avec les autres. Mara, emportée vers l’arrière, cherchait un endroit qui n’existait plus. Elle avançait vers un futur impossible, cherchant son frère mais aussi leur petit Sacha, mort à peine né et elle ne rencontrait que désespoir. Dans la recherche de ses origines, dans celle de cet enfant et celle de ce frère disparu qui avait, un jour, été protecteur et aimant, c’est sa vie qu’elle fuyait. Sa tendresse, perceptible dans son regard, s’orientait tantôt vers le passé, tantôt vers l’avenir, suivant un mouvement inverse à celui du cadran de la montre, dans l’élan brisé de sa vie, dans le souffle d’un vent contraire au temps qui passe, un vent sans appel. Ainsi, elle demeurait figée dans une éternelle jeunesse, une beauté sans âge. Cherchait-elle aussi une rédemption ? « Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici et veillez avec moi » répétait-elle sans cesse.

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