des pas sur la neige

Les arbres commencent à se couvrir d’une fine cape moirée. Le scintillement des premiers flocons s’évanouissant sur le sol laisse place à l’ombre de la voûte tout aussi humide, sous laquelle il la fait s’asseoir. Se reflètent sur les parois, telle une toile dioramique, des jeux de lumière que les vapeurs violettes et roses de la brume dissipent. Elle ne sent plus sous ses pieds la terre meuble et douce mais par endroits la dureté d’un sol calcaire ; à son nez monte une odeur âcre de salpêtre.
̶ Détache-moi, je t’en prie, ce n’est plus drôle !
̶ Viens près de moi, dit-il en l’aidant à se relever et en lui ôtant d’abord son bandeau. Elle tend ses lèvres vers lui, ne voit plus que son regard, ses yeux bleu marine, tache sombre illuminée d’un éclat d’or qu’elle ne reconnaît pas. Il l’embrasse tout en desserrant ses liens qui tombent sur la mousse, à ses pieds. Elle pose ses mains sur son ventre sans le quitter des yeux. Sous la voûte céleste, le vent se lève en bourrasques, les nuages s’enfuient dans une course diaprée effilochant le ciel de lambeaux cotonneux flirtant avec les dernières lueurs du jour. ( fin du prologue)
Extrait de Des pas sur la neige
Acrylique et encre, 35×45

Publié par

"J'ai mis tous mes efforts à former ma vie -voilà mon métier et mon ouvrage" Montaigne

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