LE FLEUVE AMOUR

Les remparts crénelés de la taïga gardaient leur expression d’abandon heureux, de paresse amollie. Le rideau de plumes neigeuses ensorcelait le regard par son ondoiement muet. Le début d’une soirée terne et tiède… Je sentais avec une telle intensité sa beauté et son attente éveillée !

 Dans chaque mouvement d’air la femme était présente. La nature était femme ! Avec ce vertige enivrant des gros flocons qui me caressaient le visage. Avec les longs cris langoureux des choucas qui saluaient le redoux. Avec la couleur fauve plus vive des troncs de pins, sous le lustre humide du givre fondu.

La neige molle, les cris d’oiseaux, l’écorce rouge mouillée, tout était femme. Et, ne sachant comment exprimer mon désir d’elle, je poussai soudain un terrible rugissement bestial.

Et j’écoutai, en respirant lourdement, son long écho pénétrer dans la tiédeur silencieuse de l’air, dans les profondeurs de la taïga… 

Au temps du fleuve Amour, Andreï Makine, Editions du Félin

Je suis née aux bords de l’Amour. Désormais c’est là seulement que je veux vivre, que je veux aimer. Mon cœur aspire à retourner sur les rives du Fleuve, qui le lavera et le rénovera. Emmenez-moi, emmenez-moi sur le fleuve Amour !

Sur le fleuve Amour, Joseph Delteil, Ed Grasset, Les Cahiers rouges

ACRYLIQUE SUR TOILE 45X61

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"J'ai mis tous mes efforts à former ma vie -voilà mon métier et mon ouvrage" Montaigne

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