…souvent les arbres tremblent…

Je vous écris du bout du monde. Il faut que vous le sachiez. Souvent les arbres tremblent. On recueille les feuilles. Elles ont un nombre fou de nervures. Mais à quoi bon ? Plus rien entre elles et l’arbre, et nous nous dispersons gênées.Est-ce que la vie sur terre ne pourrait pas se poursuivre sans vent ? Ou faut-il que tout tremble, toujours, toujours ? Il y a aussi des remuements souterrains, et dans la maison comme des colères qui viendraient au-devant de vous, comme des êtres sévères qui voudraient arracher des confessions.On ne voit rien, que ce qu’il importe si peu de voir. Rien, et cependant on tremble. Pourquoi ?

Henri Michaux – « Je vous écris d’un pays lointain » – Lointain intérieur, Gallimard, 1938 Aquarelle 32×42

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"J'ai mis tous mes efforts à former ma vie -voilà mon métier et mon ouvrage" Montaigne

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