Arbre (extrait 2)

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Dans le désordre aujourd’hui, voici un nouvel extrait du chapitre intitulé « Arbre » in Mon corps est une île » (en cours) :

Alors le souvenir est là, au bord de tes lèvres, ses rivages noirs. C’est un mur blanc de pierre, un trop plein d’inexprimé, mais qui bouge, s’agite. C’est un rideau soyeux où glissent les images. Avant de remonter et d’en atteindre la cime, il faut descendre toujours plus profond. Sa brèche silencieuse d’une extrême perméabilité sensorielle est recouverte d’une épaisse fourrure. Tu tâtes le fond. La lumière s’y dépose, les effets de parhélie s’intensifient. Et il y fait froid, plus froid que dans aucun antre le plus obscur. Le temps s’efface, l’espace n’est plus, tu es pourtant là, dans ton lit, immobile, lit d’algues et de sang aux bras solides qui t’enserrent et te retiennent.

Entends les voix de l’arbre libérer l’épaisseur des songes de tes nuits indigos. Dans l’explosion silencieuse de la nébuleuse soudée à l’enlisement logomachique des rets rouges et spasmés de ta voix épuisée et lasse de chercher, l’indicible rejoint le dicible. La force invisible de l’arbre vibre ; tout bouge, monte et s’évanouit dans les mille chatoiements du feuillage.

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"J'ai mis tous mes efforts à former ma vie -voilà mon métier et mon ouvrage" Montaigne

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