REQUIEM – Cardère Editeur, sept 2013

radio Occitania – lecture

Lecture de Requiem de Marie-Josée Desvignes par : Cécile Vibarel

Terres de femmes

Terre à ciel

Paysages écrits

 

Pré-texte à l’écriture de Requiem (récit poétique)

Requiem (textament) retrace un parcours, celui que vivent, ont vécu ou vivront celles qui, ayant cru donné la vie, se la sont vu retirée, la leur propre. Ce récit raconte une chute, celle de toute mère qui s’est vu retirer un droit de naissance, à une certaine époque, et la reconnaissance même en donnant la vie, imparfaite fût-elle.

Pour rendre l’épreuve, il a fallu du temps, presque trente ans, décrypter un réel, une vibration, une tension pouvant traduire l’urgence agressive de la prise de parole. L’écriture, quelle que soit la forme du livre, prend ainsi une posture militante, et révèle une sorte de combat contre l’ennemi. Le recours à la forme poétique permet d’en adoucir les contours et d’en délivrer l’essence.

J’ai donc ici : exp(l)osé ma mémoire, mon imaginaire, les hantises de mon être, exploré mon âme dans son devenir, aboli le temps et l’espace, les notions mêmes de vie et de mort.

Objet de biographie, événement pour chacun ( non-évènement pour le reste du monde), valeur ou non du sacré de la vie, le vrai sujet en est bien, au-delà de la violence et de la souffrance, la question de la non-reconnaissance, celle d’un être apparu en ce monde et déclaré mort-né. L’écriture est alors ce lieu d’angoisses extrêmes, d’un événement incontournable en lieu du devenir, en revendication d’être, lieu de reconnaissance.

Dire une chose violente, pleine d’émotions, en désaccord avec le monde tel qu’il est ou a pu être, dans une chronologie lacunaire qui tisse ensemble les fils de la mémoire et du temps…

une remontée… celle d’un hors monde jusqu’aux origines d’un monde, celle d’un monde intérieur broyé, brisé par ignorance, par lâcheté

« Tu parles toujours à partir d’un silence contre lequel tu te briseras

Il n’y aura jamais eu, derrière et devant nous, que le même silence.

Le premier. » E. Jabès

4e de couverture et incipit :

« C’est un ciel de braise à perte de vue – au-dessus d’une mer
sombre, agitée – l’écume des vagues – l’aube – c’est une
foule anonyme pressée sur la colline, leurs pieds nus dans
le sable – leurs sillons irréguliers – grain sombre, précieux
– les nuages – ensemble – une tempête s’annonce
– orchestration sauvage –

Publié par

"J'ai mis tous mes efforts à former ma vie -voilà mon métier et mon ouvrage" Montaigne

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